Possession + Frayeurs - horreur et cauchemars, quand le cinéma flirte avec l'irrationnel
Pour inaugurer notre mois dédié au cinéma de genre, on a décidé de sortir les vieux dossiers. Pas de jump-scares faciles ici, mais deux films qui s'attaquent à ce qu'on a de plus intime : nos peurs, nos ruptures et ce besoin viscéral de comprendre l'incompréhensible. Attachez vos ceintures, ça va secouer.
Frayeurs (Lucio Fulci, 1980) : Le cauchemar pur jus
Avec Frayeur, Lucio Fulci ne cherche pas à raconter une histoire avec un début, un milieu et une fin bien ordonnée. Non, son projet est ailleurs : il veut vous mettre dans l'état d'un mec qui fait un cauchemar éveillé. La logique disparaît, les lieux s'enchaînent sans prévenir, et le temps semble se dilater.
Si le film est connu pour son côté "cracra" et ses effets gores qui ne font pas dans la dentelle, c'est surtout son atmosphère qui nous a marqués. C'est poisseux, c'est gothique, et ça baigne dans une sorte de désespoir apocalyptique. Alors oui, le jeu des acteurs est parfois hasardeux et certains doublages prêtent à sourire, mais c'est justement ce décalage qui renforce le côté irréel et perturbant. Fulci privilégie l'image à la raison, et au final, ça fonctionne : on ne cherche plus à comprendre, on se laisse submerger par cette ambiance poisseuse qui nous colle à la peau.
Possession (Andrzej Zulawski, 1981) : L'apocalypse conjugale
Changement d'ambiance avec Possession. Ici, on oublie les zombies pour plonger dans une crise conjugale qui vire à l'hystérie pure. Andrzej Zulawski prend une rupture amoureuse banale et la fait exploser en un film de body horror radical. C'est brutal, c'est froid, et c'est surtout une expérience physique intense.
La performance d'Isabelle Adjani est tout simplement monumentale : elle incarne cette détresse avec une intensité qui en devient presque insoutenable. Le film brouille les pistes entre drame psychologique et fantastique pur. Est-ce une métaphore sur l'émancipation ? Sur la possession de l'autre ? Sur la destruction mutuelle ? Chacun y verra midi à sa porte, et c'est ce qui rend l'œuvre si fascinante. C'est un film qui ne vous lâche pas, qui vous prend à la gorge pour vous montrer que, parfois, la fin d'un amour est bien plus monstrueuse que n'importe quel croque-mitaine.
Envie de savoir si on a survécu à ces deux visions ? Retrouvez notre discussion complète l'épisode !


