Watchlist CACHE : 23/04/26 22h24

Last Action Hero : quand John McTiernan joue avec les codes du cinéma d'action (et se prend les pieds dans le tapis)

Imaginez un film où un gamin fan de cinéma d'action se retrouve projeté littéralement à l'intérieur de son film préféré. Un monde où les voitures explosent pour un oui ou pour un non, où les héros ne ratent jamais leur cible, et où les méchants attendent sagement leur tour pour se faire descendre. Bienvenue dans Last Action Hero, le film culte (ou maudit, selon les avis) de John McTiernan sorti en 1993. Un ovni cinématographique qui promet de déconstruire les codes du cinéma d'action des années 80... mais qui finit par se prendre les pieds dans son propre concept. Manu et Cédric en ont débattu dans un épisode aussi explosif qu'une voiture de police dans un film de Michael Bay. Spoiler : ils ne sont pas tout à fait d'accord.

Publié le 23 avril 2026
[watchlist] Last Action Hero : et si le héros n’était qu’un mensonge ?

Un pitch qui a tout pour plaire (en théorie)

Danny, 13 ans, est un gamin obsédé par les films d'action. Son héros ? Jack Slater, un flic surpuissant interprété par Arnold Schwarzenegger, qui enchaîne les cascades impossibles et les punchlines cultes. Un jour, grâce à un ticket de cinéma magique (oui, vous avez bien lu), Danny se retrouve propulsé dans l'univers de Jack Slater 4, le dernier opus de la saga. Sauf que là, surprise : une fois à l'intérieur du film, il se rend compte que tout fonctionne selon les règles du cinéma d'action des années 80. Les clichés sont légion, les raccords sont faux, et les méchants ont la patience d'un saint. Bref, un monde où la logique n'a pas sa place.

Sur le papier, le concept est génial. Une mise en abyme du cinéma d'action, une parodie intelligente, un hommage décalé... Bref, tout pour séduire les cinéphiles et les fans du genre. Sauf que dans les faits, Last Action Hero est un film qui peine à trouver son ton. Et c'est là que le bât blesse.

John McTiernan, le roi du film d'action (qui voulait tuer son propre mythe)

Pour comprendre Last Action Hero, il faut d'abord parler de son réalisateur, John McTiernan. Un nom qui ne vous dit peut-être rien, mais qui a marqué l'histoire du cinéma d'action. Predator, Die Hard, À la poursuite d'Octobre Rouge... Autant de films qui ont redéfini le genre. McTiernan, c'est un peu l'architecte des blockbusters modernes. Un réalisateur qui maîtrise l'espace, le rythme et la tension comme personne.

En 1993, après le succès de Die Hard et Predator, McTiernan est au sommet de sa gloire. Les studios lui font confiance les yeux fermés. C'est dans ce contexte qu'il se voit confier Last Action Hero, un projet ambitieux qui mélange action, parodie et méta-cinéma. L'idée de départ ? Déconstruire les codes du cinéma d'action des années 80, un genre que McTiernan a lui-même contribué à populariser. En théorie, c'est brillant. En pratique, c'est plus compliqué.

Un film entre deux chaises (et un Arnold Schwarzenegger en pleine crise existentielle)

Le premier problème de Last Action Hero, c'est son ton. Le film oscille constamment entre parodie et hommage, entre humour potache et réflexion sur le cinéma. Résultat : on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Est-ce qu'on est censé rire des clichés du cinéma d'action ? Ou est-ce qu'on est censé les célébrer ? Le film ne tranche pas, et ça se ressent.

Manu, dans l'épisode, résume bien le problème : "C'est pas suffisamment potache pour me faire rire, c'est pas suffisamment drôle, c'est pas suffisamment what the fuck pour me faire vriller." En gros, Last Action Hero essaie de faire trop de choses à la fois, et finit par ne rien faire correctement. C'est un peu comme si McTiernan avait voulu faire un Hot Shots! (la parodie culte des films d'action) en plus intelligent, mais sans jamais assumer pleinement le côté parodique.

Autre gros point noir : Arnold Schwarzenegger. À l'époque, l'acteur est en pleine transition. Après Terminator 2, il veut se détacher de son image de "muscle qui parle" et se tourner vers des rôles plus familiaux. Problème : Last Action Hero est censé égratigner son image de héros invincible. Sauf que le film, sous la pression des studios, finit par devenir... un film d'action classique avec Schwarzenegger. Bref, un comble.

[watchlist] Last Action Hero : et si le héros n’était qu’un mensonge ?
© 1993 Oak Productions

Un film culte... mais pas pour les bonnes raisons ?

À sa sortie en 1993, Last Action Hero est un échec commercial. Il sort en même temps que Jurassic Park (oui, le même été), et le public ne suit pas. Les spectateurs s'attendent à un film d'action classique avec Schwarzenegger, et tombent sur un film méta qui critique justement ce genre de cinéma. Résultat : c'est la douche froide.

Pourtant, avec le temps, le film a gagné un statut de film culte. Pourquoi ? Parce qu'il est devenu un symbole de ce que le cinéma d'action des années 80 avait de plus excessif. Un film qui, malgré ses défauts, a le mérite d'être ambitieux et de jouer avec les codes du genre. Comme le dit Cédric dans l'épisode : "Ce film-là détruit le mythe du cinéma d'action des années 80." Sauf que... est-ce que c'est vraiment le cas ?

Manu n'est pas convaincu. Pour lui, Last Action Hero ne déconstruit pas vraiment les clichés du cinéma d'action. Il les reproduit, tout en essayant de les critiquer. Bref, un film qui a le cul entre deux chaises. "Les clichés sont là, mais ils ne les démontent jamais vraiment." Et c'est là que le bât blesse : le film veut être subversif, mais il reste trop sage pour l'être vraiment.

Un film qui aurait pu être révolutionnaire (si les studios l'avaient laissé faire)

Ce qui est fascinant avec Last Action Hero, c'est de se dire que le film aurait pu être bien meilleur. Comme le raconte Cédric, le scénario a été réécrit des dizaines de fois, sous la pression des studios qui voulaient un blockbuster grand public. Résultat : le film perd en cohérence et en audace. "C'est l'histoire d'un film qui a le cul entre plusieurs chaises, et qui finit par devenir l'archétype de ce qu'il voulait dénoncer."

Imaginez un Last Action Hero plus sombre, plus cynique, où Schwarzenegger aurait vraiment joué le jeu de la déconstruction. Un film où les clichés du cinéma d'action seraient vraiment poussés à l'extrême, jusqu'à l'absurde. Un film où le héros, une fois sorti de l'univers du film, se rendrait compte qu'il est complètement inadapté au monde réel. Bref, un film qui aurait pu révolutionner le genre. Au lieu de ça, on a un film qui reste trop sage, trop consensuel.

Alors, faut-il voir Last Action Hero ?

La réponse, comme souvent, dépend de ce que vous cherchez. Si vous êtes fan de cinéma d'action des années 80, Last Action Hero est un menu best-of des clichés du genre. Vous y retrouverez des cascades improbables, des explosions gratuites, et des répliques cultes. En revanche, si vous cherchez un film qui déconstruit vraiment le genre, vous risquez d'être déçu.

Manu, dans l'épisode, ne le recommande pas. Pour lui, le film est trop long, trop mal équilibré, et surtout, trop en retard sur son époque. "Il essaie de déconstruire des codes que le public est déjà en train d'abandonner." Cédric, en revanche, adore le film. Pour lui, c'est un film culte qui mérite d'être redécouvert.

Alors, qui a raison ? À vous de juger. Une chose est sûre : Last Action Hero est un film qui ne laisse pas indifférent. Un ovni cinématographique qui, malgré ses défauts, a le mérite d'être ambitieux. Et ça, c'est déjà pas mal.


Last Action Hero est disponible en VOD, DVD et Blu-ray. Et si vous avez aimé cet article, retrouvez-nous sur YaDuBruit.com pour plus de débats ciné endiablés !

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