Klaus vs Carol : deux Noël, deux ambiances, un seul podcast
Noël, c’est magique. Ou pas. Entre ceux qui adorent les guirlandes et les chocolats chauds et ceux qui râlent contre la surconsommation (Manu) on a décidé de réconcilier tout le monde avec deux films radicalement différents. Est-ce que la magie de Noël a fonctionné ?
Klaus : l’origine (doudou) du Père Noël
Cédric a choisi Klaus, un film d’animation Netflix qui raconte l’origine du Père Noël. Imaginez un village du Grand Nord où deux clans se détestent depuis la nuit des temps. Arrive Jesper, un facteur paresseux envoyé en punition, qui découvre Klaus, un vieux bonhomme solitaire fabriquant des jouets. Ensemble, ils vont (re)créer la magie de Noël… sans guimauve excessive.
Manu, rabat-joie assumé, a adoré le côté visuel du film : un mélange de 2D old school et de technologie moderne, avec des couleurs qui évoluent au fil de l’histoire (du gris glacial aux tons chauds et joyeux). Mais il a trouvé le scénario un peu léger, manquant de méchants charismatiques et d’enjeux dramatiques. Dommage, car les clins d’œil malins et les personnages attachants (surtout Klaus, doublé par J.K. Simmons) sauvent la mise.
Carol : un Noël sans sapin, mais avec des étincelles
Manu a riposté avec Carol, un mélodrame de Todd Haynes se déroulant pendant les fêtes… sans jamais en faire un "film de Noël". Dans les années 50, Thérèse (Rooney Mara), une vendeuse timide, tombe amoureuse de Carol (Cate Blanchett), une bourgeoise en instance de divorce. Un road trip amoureux s’ensuit, entre regards furtifs, silences lourds et pression sociale étouffante.
On ne peut être que conquis par la mise en scène millimétrée, qui utilise les cadres, les couleurs et les lumières pour symboliser l’enfermement des personnages. Les deux actrices sont exceptionnelles, surtout Cate Blanchett, qui joue avec les codes de la bourgeoisie comme une pro. Mais pour Cédric, le coup de foudre trop rapide et la fin un peu trop "happy end" gâchent légèrement l’ensemble. Qu’importe la mauvaise foi du gars : c’est un film magnifique, même si Noël n’y est qu’un décor. Et surtout, c’est un film important. Important parce qu’il raconte un amour entre deux femmes avec une délicatesse rare. Important parce qu’il montre, dans l’Amérique corsetée des années 50, à quel point les normes sociales, le poids du regard et les codes de genre peuvent étouffer les élans les plus sincères. Todd Haynes ne filme pas seulement une passion naissante : il filme l’émancipation, le courage d’exister en dehors du cadre. Carol, c’est un mélodrame feutré qui parle d’identité, de désir, de liberté et qui rappelle que derrière les conventions, il y a toujours des êtres qui cherchent simplement à aimer.
Le verdict : doudou ou drame ?
Si vous voulez un Noël réconfortant, Klaus est fait pour vous. Si vous préférez un Noël introspectif et esthétique, Carol vous attend. Et si vous hésitez, écoutez l’épisode pour trancher…
