Independence Day : Le crash nostalgique du premier "re-bobinage"
Premier numéro de "Rebobinage", notre nouvelle rubrique où l’on dépoussière les films qui ont marqué nos année VHS, nos posters de chambre et nos rêves de gosses. Pour inaugurer cette série, quoi de mieux que le blockbuster qui a défini le milieu des années 90 ? En 1996, Roland Emmerich nous offrait Independence Day, une invasion extraterrestre XXL, des explosions de monuments historiques et un Will Smith au sommet de sa coolitude. Mais aujourd’hui, avec le recul, est-ce un chef-d’œuvre indémodable ou un souvenir que l’on aurait dû laisser au placard ?
Un spectacle qui en met plein la vue
Quand on lance le film, difficile de nier l’efficacité de la mise en scène. Emmerich est le roi du "plus gros, plus fort". Les vaisseaux, immenses, qui viennent occulter le soleil au-dessus des capitales mondiales , restent une image forte. Pour Manu et Cédric, le plaisir est immédiat dès les premières minutes : les effets visuels, portés par des maquettes magistrales, n’ont pas pris une ride. Il y a une générosité dans le spectacle qui rappelle pourquoi, à 11 ou 12 ans, on était sortis de la salle avec des étoiles plein les yeux. Cédric, qui adore les maquettes, souligne d'ailleurs cette prouesse technique : "Les explosions des maquettes fonctionnent vraiment bien. On y croit, et aujourd'hui, ça passe encore crème." C’est là toute la force du film : une forme qui, malgré le poids des années, conserve une certaine puissance visuelle.
Un fond qui a pris un sacré coup de vieux
Si la forme tient la route, le fond, lui, est une autre paire de manches. En 2026, difficile de ne pas tiquer devant le patriotisme exacerbé du film. Entre le discours présidentiel qui semble vouloir sauver le monde entier sans consulter personne et l’impérialisme américain érigé en valeur suprême, le film est devenu, avec le temps, un objet assez indigeste. Manu pointe du doigt ce décalage temporel : "C'est un film sur l'impérialisme américain, sur les grandes valeurs, la famille, la patrie, la religion. C'est chargé, et aujourd'hui, c'est complètement imbuvable." Le film se transforme, à nos yeux d’adultes, en une sorte de propagande involontaire (ou pas...), où l'étranger est systématiquement perçu comme une menace à abattre, sans aucune tentative de dialogue...Aouch.
Des personnages en carton-pâte
Que dire des personnages ? Entre le président qui pilote un avion de chasse, le hacker de génie qui sauve la planète avec un virus informatique installé en quelques secondes, et les rôles féminins réduits à de simples faire-valoir, rien ne semble tenir debout. Le jeu des acteurs est aussi en dents de scie. Si Jeff Goldblum reste égal à lui-même, Bill Pullman semble parfois perdu dans un rôle de président mystique qui manque cruellement de crédibilité. Mais c'est peut-être là que réside le charme coupable d'Independence Day : dans son côté "gros bras" et ses punchlines improbables qui, si elles nous sortent du film, nous arrachent aussi quelques sourires nostalgiques.
Le verdict : on rembobine ou on éjecte ?
Alors, faut-il le regarder à nouveau ? Pour le savoir, écoutez l’épisode sur les plateformes et découvrez notre débat sur Independence Day !


