Rio Bravo – la fraternité sous les balles
Rio Bravo, une présentation ? Vraiment nécessaire ? Ce western de 1959 signé Howard Hawks, avec John Wayne en shérif bourru et Dean Martin en alcoolique repenti, est l'un de ces films dont on a forcément entendu parler. Mais est-ce qu'il mérite vraiment sa réputation ? Est-ce qu'on peut encore l'apprécier aujourd'hui, entre ses clichés et son rythme parfois lent ? On s'est penchés sur la question… et ça a failli tourner au duel. Spoiler : on n'est pas tout à fait d'accord.
Rio Bravo : un western pas comme les autres
Une petite ville du Texas, un shérif qui ne rigole pas (John Wayne, for sure), un prisonnier dangereux, des hors-la-loi qui rôdent en attendant leur heure. On ajoute un alcoolique en quête de rédemption (Dean Martin, loin de ses chansons de crooner, quoi que...), un jeune tireur d'élite (Ricky Nelson) et un vieux grincheux (Walter Brennan) - et voilà Rio Bravo : tension, humour et camaraderie dans le même chapeau. Pas de grande bataille, pas de chevauchée spectaculaire. Ici on reste sur un siège : le shérif Chance et ses alliés doivent tenir la prison contre les hommes du frère du prisonnier. Un huis clos en plein air, presque de chambre. Et c'est précisément ce parti pris qui surprend...on s'attendait à du spectacle, on se retrouve avec quelque chose de bien plus intimiste.
Ce qui frappe aussi, c'est le rythme. Hawks prend son temps. Les personnages discutent, se jaugent, se font confiance ou pas. Il y a même une scène où ils chantent ensemble - oui, chantent - et ça fonctionne, parce qu'on y croit.
Ce qui en fait un film important ? Hawks prend le contrepied des westerns de l'époque, de plus en plus sombres et bruyants. Lui célèbre l'amitié, la loyauté, l'individualisme et ça a marqué des générations de cinéastes, de Carpenter à Tarantino.
Un film politique ? Oui, mais pas comme on le croit
Rio Bravo se présente souvent comme une réponse à Le Train sifflera trois fois, où le héros est lâché par tout le monde. Hawks retourne le problème : Chance n'a besoin de personne… enfin presque. Il bricole une équipe de bras cassés - on l'adit : un ivrogne, un vieux, un gamin, pour faire respecter la loi.
Pour l'un d'entre nous, c'est une vision un peu "milice" de la justice, des hommes qui se battent pour une cause qu'on cerne mal. Pour l'autre, c'est avant tout une histoire de rédemption et de solidarité. Et sur un point on tombe d'accord : Rio Bravo n'est pas un film violent. Peu de fusillades, beaucoup de dialogues - c'est ça qui fait sa force.
Ce qu'on en a pensé (et pourquoi ça a failli tourner au duel)
On ne va pas tout dévoiler ici. Disons que l'un arrive méfiant et repart étonné, que l'autre confirme ce qu'il pensait déjà - mais pas forcément pour les raisons attendues. On se chamaille, on s'accorde, et quelques personnages font particulièrement débat, l'un de nous deux à évoqué le terme "réac", l'autre a répondu "modernité pour l'époque"... La suite, c'est dans l'épisode.
Pourquoi Rio Bravo reste un film culte
Carpenter a reconnu s'en être inspiré pour Assaut, Tarantino a recyclé sa structure de siège dans Reservoir Dogs, la Nouvelle Vague y voyait un modèle de rigueur narrative et on vous parlera pas de Nid de guêpes de Florent-Emilio Siri... Pas mal pour un western qu'on pourrait croire poussiéreux (qui ose ?).
Un western qui a du panache
Huis clos tendu, personnages qui restent en tête, mise en scène qui ne vieillit pas, vraiment, Rio Bravo a sa place au panthéon, et elle est méritée. C'est le genre de film qui peut diviser, ou agacer parfois, mais qui fascine quand même. Et c'est pour ça qu'on en parle encore.


