Backrooms : quand l’horreur internet passe (mal) au cinéma
Découvrez un monde parallèle, une succession de couloirs jaunâtres, de moquettes humides et de néons grésillants. Un lieu où vous vous retrouvez piégé après avoir "glissé" hors de la réalité. Bienvenue dans les Backrooms, ce phénomène viral né sur 4chan en 2019, qui a inspiré ce film sorti en 2026. Mais passer d’une creepypasta à un long-métrage, est-ce vraiment une bonne idée ? Vraie question.
Un concept qui fait frissonner… sur le web
Les Backrooms, c’est d’abord une photo : un bureau vide, une lumière blafarde, une ambiance de fin du monde. Sous cette image, un texte glaçant :
"Si tu ne fais pas attention et que tu traverses accidentellement la réalité au mauvais endroit, tu te retrouveras dans les Backrooms, où il n'y a que l'odeur de vieille moquette humide, la folie du jaune monotone, le bourdonnement incessant des néons et environ 600 millions de kilomètres carrés de salles vides réparties au hasard. Que Dieu te vienne en aide si tu entends quelque chose errer près de toi, parce que cette chose t'a certainement déjà entendu. "
Simple, efficace, terrifiant. Le web s’est emparé du concept, ajoutant des niveaux, des règles, une mythologie entière. Puis est arrivé Kane Parsons, un youtubeur de 16 ans, qui a transformé ce lore en une série de vidéos en found footage. Le succès fut immédiat.
Alors quand on annonce un film, l’excitation est palpable. Enfin, on allait voir ces lieux maudits en grand écran, avec un budget, des acteurs, une vraie ambiance ! Sauf que…
Un film qui perd son âme en route
Le problème ? Backrooms le film essaie de tout faire à la fois. Il veut être un film d’horreur atmosphérique, une plongée psychologique, une enquête mystérieuse, et même un peu de science-fiction complotiste. Résultat : ça part dans tous les sens. Les deux parties du film ne communiquent pas, les personnages manquent de profondeur, et le mystère, au lieu de s’épaissir, s’effiloche.
Alors oui on est unanimes sur ce point : le film est beau, l’ambiance est là, mais il manque quelque chose. L’oppression des lieux est bien rendue, mais on tourne en rond. Pire, le film tente d’expliquer l’inexplicable, de rationaliser ce qui faisait justement la force du concept original. Les Backrooms, c’est l’horreur de l’inconnu, pas un labyrinthe avec des scientifiques en blouse qui vous expliquent comment en sortir.
Un pari raté, mais pas sans intérêt
Alors, faut-il aller voir Backrooms ? Si vous ne connaissez pas le phénomène, ça peut être une porte d’entrée intrigante. Si vous êtes un habitué des films d’horreur un peu plus exigeants, vous risquez d’être déçu. Le film a des qualités : la photo est superbe, la bande-son hypnotique, et certaines scènes donnent des frissons. Mais il manque cette folie, cette radicalité qui aurait pu en faire un vrai film culte.
Au final, Backrooms reste un objet étrange, un peu comme son univers. Un film qui aurait pu être bien plus, mais qui se contente d’être… correct. Dommage, parce que l’idée était là. Et si, au lieu d’un blockbuster, on nous avait offert une plongée brute, sans explication, dans ces couloirs sans fin ? Peut-être qu’alors, on aurait eu un vrai choc.
En attendant, si vous voulez frissonner, retournez sur YouTube. Les vidéos originales font toujours leur effet.


