Aniara, la proposition pépite ?...
Tu pensais que les voyages en avion avec deux heures de retard étaient l'enfer ultime ? Attends de voir ce qui arrive aux passagers d'Aniara... Dans ce nouvel épisode, on embarquent pour une croisière spatiale pas tout à fait comme les autres. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance au micro était au moins aussi électrique que dans le vaisseau !
Tout commence par une envie de science-fiction intimiste et philosophique. Cédric demande conseil à son grand ami ChatGPT, qui lui dégote une petite pépite suédoise un peu oubliée : Aniara, l'odyssée stellaire (2018), réalisé par Pella Kågerman et Hugo Lilja. Convaincu d'avoir dénichément un futur film culte, Cédric l'embarque dans la watchlist du podcast. Erreur de casting ou chef-d'œuvre méconnu ? Le débat est lancé.
Le pitch est pourtant aussi simple que vertigineux. Dans un futur proche, la Terre est devenue invivable. Des milliers de passagers embarquent à bord de l'Aniara, un paquebot spatial ultra-moderne, direction Mars. Un petit trajet de routine de trois semaines. Sauf qu'un incident technique survient, forçant le vaisseau à larguer son carburant. Trajectoire déviée, moteurs hors service : l'Aniara se retrouve à dériver indéfiniment dans l'immensité glaciale de l'espace.
Le choc des titans : Nihilisme brillant ou pétard mouillé ?
Sur le papier, le film aborde des thèmes passionnants. Mais dans le studio de Y a du Bruit dans la Bobine, la rencontre avec le film a provoqué un vrai crash frontal entre nos deux animateurs !
Cédric dans le camp des enthousiastes
Pour Cédric, Aniara est une œuvre profondément marquante, cruelle et nihiliste. Le film ne parle pas tant d'espace que de la condition humaine. Face à l'inéluctable et au vide absolu, que fait l'humanité ? Elle se réfugie dans des paradis artificiels : la consommation, le sexe, les dérives sectaires et la réalité virtuelle. Pour lui, c'est un miroir saisissant de notre propre société actuelle, incapable de paniquer réellement face aux catastrophes climatiques annoncées.
Manu monte au créneau
Pour Manu, c'est la douche froide. S'il reconnaît que les concepts de base sont excellents, la réalisation ne suit pas du tout. Manque d'empathie pour les personnages, ton indécis, manque de poésie et choix de mise en scène trop frileux... Manu n'y croit pas une seconde. Pour lui, le film reste constamment au milieu du gué, sans jamais oser être totalement radical ou vraiment intimiste. Sans compter la réaction des passagers qu'il trouve bien trop passive : "Quand tu prends le train et qu'il y a 20 minutes de retard, les gens veulent déjà se entre-tuer !"
Des sujets forts qui font parler
Au-delà de leur désaccord, Manu et Cédric reviennent sur plusieurs éléments clés du récit :
- Le paquebot-centre commercial : L'Aniara n'est pas un vaisseau d'exploration austère, c'est un temple de la consommation bourgeois avec ses magasins et ses lieux de divertissement. Une critique mordante de notre besoin constant de combler le vide.
- La Mima : Cette intelligence artificielle qui permet aux passagers de revivre des souvenirs de la nature terrestre. Lieu de culte et de méditation pour les uns, simple "économiseur d'écran Windows XP" pour les autres !
- La gestion du temps : Le film égrène les années qui passent à travers des chapitres de plus en plus vertigineux, posant une question dérangeante : quelle est notre valeur face à l'immensité de l'univers ?
Alors, on regarde ou on zappe ?
Aniara est clairement un film clivant qui ne laissera personne indifférent. Faut-il se laisser tenter par cette errance spatiale philosophique ou privilégier des classiques comme Interstellar ou Melancholia ?
Pour découvrir le verdict tranchant de Manu, comprendre pourquoi Cédric s'est senti si seul pendant l'enregistrement, et surtout rigoler avec nous de cette épopée suédoise, il ne te reste plus qu'une chose à faire !


